Et si la prochaine révolution venait de la Sorbonne ? Quoi de plus normal, me direz-vous: toutes les révolutions dans ce pays se font à la Sorbonne. Oui, peut-être, sauf que là, la petite différence, c'est qu'au lieu de venir des bancs, elle viendrait ex-catedra. Ca n'est pas une mince affaire, surtout quand le héraut de ce nouveau mouvement s'appelle Jean-Robert Pitte et qu'il vient de publier Stop à l'arnaque du bac. De quoi défrayer les chroniques. Imaginez un des pontes de l'éducation nationale qui tire à boulets rouges sur la machine à fabriquer des chômeurs. Alors que chaque année, le Ministre de l'éducation nationale nous ressort avec satisfaction les résultats exceptionnels, et le taux de 80% de réussite battu à plat de couture, JRP, lui avoue que les profs sont parfois dans l'obligation de donner ce diplôme à des illettrés pour être dans les clous. Quel culot, ce Pitte, il n'a pas froid aux yeux. Quand on lui demande ce qu'il pense de la réforme des Universités, il dit que cela va dans le bon sens, mais pas assez loin. Mais alors la lettre que Nicolas Sarkozy vient d'adresser aux enseignants ? "C'est bien, mais peut mieux faire.". Pourquoi ? Parce qu'il confond encore éducation et instruction. L'école en France devrait instruire et non éduquer. On veut que l'école s'occupe des activités sportives. Il suffirait de libérer plus de temps aux élèves et ils pourraient alors pratiquer un sport en dehors de l'enceinte scolaire. Parmi une compilation d'idées qui semblent tout droit extraites du programme d'Alternative Libérale, celle qui nous a le plus séduit, c'est celle où Pitte annonce qu'on ferait mieux de revaloriser les filières techniques plutôt que de s'acharner à arnaquer les futurs bacheliers. Il n'y a rien de mal à apprendre un métier technique ou manuel, bien au contraire. Rien n'empêche par la suite de se former toute la vie, d'ailleurs ce serait une excellente occasion pour utiliser les fonds de la formation professionnelle. Certains penseront, qu'il n'y avait pas besoin d'avoir fait polytechnique pour sortir ça, mais cinq siècles après que Descartes ait séparé le corps et l'esprit, il fallait être au moins Doyen de la Sorbonne pour oser douter de cette vérité. Ce qui, au passage, a déjà valu à ce grand visionnaire d'être ravallé au rang de petit boutiquier par ses paires; ces derniers, visiblement n'ayant toujours pas compris qu'il fallait bien quelques marchands du temple pour qu'il puisse faire les péripatéticiens. Espérons simplement que le mouvement lancé par Jean-Robert Pitte ne soit pas simplement un solipsisme et qu'il fasse rapidement de nouveaux disciples.
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