J'ai eu mon premier Mac en 2001. C'était un bel iBook G3 tout nacré. Je l'ai toujours et il fonctionne encore parfaitement. N'ayant connu que des PC jusqu'alors, j'ai été subjugué par le fait d'avoir une machine sur laquelle je n'avais pas de programme nouveau à installer et qu'il suffisait de lancer pour avoir une discothèque (iTunes), un studio vidéo (iMovie et iDVD), un album photo (iPhoto), une application pour faire des visio-conférences (iChat) et une quantité d'autres applications déjà comprises dans le système. Quand je repense à mes premières impressions et que je les mets en relation avec l'arrivée prochaine de l'iPad, je comprends désormais pourquoi je suis un "fanatique acharné de Mac". Tout simplement, parce qu'avec mon premier Mac, j'ai pu m'affranchir de l'aliénation informatique. Je n'avais plus devant moi une tour grisâtre, à l'intérieur de laquelle il fallait démonter et remonter des composants, installer et désinstaller des programmes pour pouvoir s'adonner à ses loisirs (le meilleur exemple était à l'époque l'installation d'une carte son ou d'une carte d'acquisition vidéo sur un PC). J'avais un magnifique couteau suisse qui me laissait me concentrer sur des tâches toutes autres que l'informatique. Je n'ai pas encore essayé l'iPad et je m'étais dit que j'attendrais de l'avoir entre les mains pour écrire ce post. Mais tout ce que j'en ai lu confirme mon intuition : la nouvelle petite merveille de Steve Job est un pas de plus vers cette liberté qui fait qu'on a entre les mains non plus un ordinateur dont l'objectif est de le faire fonctionner (j'en veux pour preuve les dernières pubs IE 8, le browser du PC, où on voit une fille qui se vante d'avoir un message d'avertissement quand elle arrive sur un site non conforme), mais un outil dont la finalité est autre. Toute la stratégie de Mac est de vous faire oublier le monde informatique pour vous adonner à vos loisirs. Il est clair que l'iPad renforce encore davantage cette tendance et ce n'est pas étonnant si à sa sortie tous les Geeks ont jeté des cris : car en effet, ils ont bien vu ce qui était en train de leur échapper : plus besoin d'être un pro de l'informatique. N'importe qui pourra se saisir de l'objet et vaquer tranquillement à ses loisirs sans se soucier du reste. Finalement c'est une entreprise qui peut ramener l'ordinateur au milieu du salon, alors qu'avant il était condamné à rester au bureau.
Alors bien évidemment, j'entends déjà mes amis qui sont pro-PC me dire, mais en fait, c'est tout le contraire : tu te rends dépendant d'une seule compagnie et tu vas être obligé d'avaler les programmes qu'ils voudront bien te donner dans un univers propriétaire totalement fermé. Et puis avec la sophistication des machines, tu n'es même plus en mesure de les réparer toi-mêmes. D'ailleurs tu n'as même pas le droit d'ouvrir ton Mac s'il t'arrive un problème ! En ce qui me concerne, je n'ai jamais été attiré par le bricolage et c'est sans doute la raison pour laquelle j'ai quitté si facilement l'univers du PC. Et moins de temps passé à essayer de faire fonctionner une machine, c'est plus de temps libre (sans compter que plus de temps gagné, c'est plus d'argent : ) Finalement on s'y retrouve non ?). Quant au fait de se rendre dépendant du bon vouloir d'une marque, franchement est-ce bien sérieux ? Il existe un marché. J'investi dans une machine qui me donne une pleine satisfaction. Si demain je suis déçu et bien je change de boutique. J'ai lu un article d'un blogueur influent, une fois qui expliquait qu'avec l'iPad, on allait régresser et retourner aux médias à papa et très vite condamner l'univers du 2.0 : l'iPad serait un retour à le diligence. Je crois sincèrement que c'est un fantasme et qu'au contraire cette innovation va donner lieu à un nouvel univers créatif et est une opportunité pour continuer à faire évoluer ce monde. Et c'est donc en cela que pour moi l'iPad est un pas de plus vers la liberté : il est bien évident que je ne peux pas reconstituer moi-même toute la chaîne informatique, et que je dépends toujours de quelqu'un donc le problème ne réside pas là. Encore une fois, le problème réside dans le fait que je puisse disposer d'un outil qui me permette de faire tout, sauf de l'informatique. En gros, c'est un peu comme pouvoir utiliser sa main pour écrire sans avoir besoin d'être soi-même physiologiste pour comprendre les mécanismes qui l'anime.
C'est donc avec impatience que j'attends le Jeudi 28 Mai.


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