This night at the New Morning in Paris, the SF Jazz Collective was honoring the music of great composer Horace Silver. Miguel Zenon and Mark Turner are improvising on an original composition by Mark Turner.
On Monday, SF Jazz Collective was performing at the New Morning in Paris. This year, Miguel Zenon (sax alto), Mark Turner (tenor sax), Avishaï Cohen (trumpet), Robin Eubanks (trombone), Stefon Harris (vibraphone and marimba), Edward Simon (piano), Matt Penman (bass) and Eric Harland (drums) were playing together around the world to honor the music of Horace Silver. For me it was the 2nd time I could see this extraordinary band. And this time, I could interview Miguel Zenon, Stefon Harris and Robin Eubanks. They've told me about the "spirit of the SF Jazz Collective", "why Renée Rosnes isn't in the band anymore", "About creativity ", "where to find their records". Finally, Miguel and Stefon didn't want to tell me about the next honored composer. Robin has shared with me the secret, but I've decided not to put it on record. I just can tell you that it's a big surprise and I'm waiting for it.
Official website : http://www.sfjazz.org/SFJAZZCollective/2007/index.asp
For this Jazzy Sunday there will be no jazz, but some good pop-music. Here is a video of Seal which I could film at the North Sea Jazz Festival. Enjoy.
Each blogs' chain has to be taken as a gift, even if sometimes, it is not. I hope this one will make no exception. With X-mas coming, it is time to share joy and peace among the web :-). Let's make a pause on politics. So, here is the blogs' chain I propose :
Please, give us at least five of your prefered X-mas songs. And I'll start with
Maliberte.fr is a blog about freedom. And jazz is freedom's music. So this "Jazzy Sunday" propose you a top ten of my prefered jazz music I'd like to share with you. Hope you enjoy.
L'été indien se poursuit. On se croirait presque en Juillet, ce qui me ramène donc tout naturellement à l'excellent week-end que j'ai passé à Rotterdam pour une nouvelle édition de mon festival de jazz préféré, le North Sea Jazz Festival. Ce festival c'est l'intégralité de mon best-of i-tunes exporté sur scène En l'espace de trois jours, grâce à mon 3 days tickets, j'ai pu voir la quasi-totalité de mes artistes préférés : Wynton Marsalis, Herbie Hancok, Roy Hargrove, Christian Scott, Paquito d'Rivera, Chano Dominguez, le Vanguard Jazz Orchestra, le Lincoln Jazz Center Orchestra, Chris Potter, RH Factor, BB-King, Esperanza Spalding, Jamie Cullum, Candie Dulfer, Quasimode, Kyoto Jazz Massive, Amina Figarova, Avishaï Cohen, Georges Duke, Chaka Kahn, Marcus Miller, Viktor Vouten, Roberta Gambarini, Rachelle Ferrell, Kurt Rosenwikell, Codarts Big Band & Maria Schneider, Chucho Valdès, Nicholas Payton, David Sanborn, Seal, Raphael Saadiq, Kevin Mahogany.... Cette liste est totalement présentée dans le désordre et mélange jazz, funk et soul. Mais elle représente bien l'esprit du North Sea. Certains disent que c'est le supermarché du jazz parce que l'on y trouve de tout et qu'il faut parfois courir d'une sale à l'autre pour voir un concert, mais c'est ce qui fait toute la magie de ce festival. En tous les cas, ce qui rassure quand on arpente les allées du Ahoy, c'est de voir que le jazz de qualité et la musique qui en découle réussit encore à déplacer les foules, contrairement à ce que laissent entendre certains organisateurs de festivals en France qui en profitent pour abandonner leurs scènes aux groupes de rocks alternatifs à tendance suicidaire. Quand je vois, par exemple, la programmation du Nancy Jazz Pulsation, chaque année, je me dis qu'il serait bien de rebaptiser ce festival où le jazz (et ou les musiques qui en découlent) ne représente même plus la moitié de l'affiche. Je vous encourage donc vivement à noter dès maintenant dans votre agenda ce rendez-vous qui se déroule depuis dès année à la mi-juillet en Hollande. Et pour vous saliver, je vous offre une petite compilation de big band, ainsi qu'un hommage de Jammie Cullum à Michaël Jackson que j'ai pu filmer (un peu à la sauvette, il faut dire, car on peut prendre des photos et les organisateurs sont vigilants par rapport au caméra).
Dans la série Jazzy Sunday, voici le portrait d'une artiste unique en son genre. Même si son nom ne vous dit rien, vous connaîssez tous Candy Dulfer. Car vous avez forcément en tête le fameux saxophone de Lily was here, un duo à succès enregistré avec Dave Stewart et Eurythmics. Mais ça n'est pas le seul titre de gloire de cette sulfureuse hollandaise. Au pays de Candy, le sax est roi : saxy mood, sax a gogo, saxuality... Et la Hollande, devient bien plus que l'autre pays du fromage. Candy joue de son sax-appeal et se moque des critiques qui disent d'elle qu'elle fait tout sauf du "jâsse". Son dernier Candy Store est une petite gâterie que personne ne refuserait. Pas étonnant que Candy ait séduit le petit Prince et son maître spirituel, le grand Macéo Parker. Certes Candy n'est pas née de la dernière pluie. Fille du célèbre saxophoniste Hans Dulfer, elle a hérité d'un solide patrimoine génétique. Mais elle ne se prend jamais au sérieux et se contente de décliner le fun à l'état pur y compris quand elle fait du charity business avec Sheila E. Donc pas de grande théorie, sur Candy pour aujourd'hui, mais une petite vidéo tout droit issue du North Sea.
Il y a une idée préconçue qui voudrait que la Côte Est des Etats-Unis soit le sanctuaire du Jazz, pendant que la Côte Ouest, elle, serait le paradis de la country. Mais il y a tant d'exceptions des deux côtés que cette vision ne tient pas longtemps. Donc si vous ne connaissez pas encore le SF Jazz Collective, c'est le moment où jamais de découvrir un des groupes les plus innovants du continent nord-américain et qui peut faire tomber à lui seul l'idée préconçue que j'ai énoncée précédemment. Comme son nom l'indique ce groupe est originaire de San Francisco. J'ai eu la grande chance de voir cette formation en 2007 au North Sea Jazz Festival de Rotterdam. Certes, j'aime utiliser les superlatifs, mais en y réfléchissant bien, je crois que je place la prestation à laquelle j'ai assistée, une étagère au-dessus de celle du Vanguard Jazz Orchestra, dans l'armoire de ma mémoire, c'est dire. Je me rappelle très bien, j'étais assis au tout premier rang d'une salle comble quand je vis tout d'un coup sur le côté un visage qui ne m'était pas inconnu. C'était Wynton Marsalis en personne qui s'était mêlé au public pour venir écouter l'octuor parmi lequel se trouvait le célèbre saxophoniste Joe Lovano. Incredible : le grand Wynton, n'en croyait pas ses oreilles et ça se lisait sur ses yeux...
Voici un jazzy sunday qui tombe à pique ! Quelques jours après l'élection de Barack Obama, c'est l'occasion de parler d'un autre héros de la communauté afro-américaine, j'ai nommé le génial Wynton Marsalis. Pas évident de résumer la carrière de ce trompettiste en un post. D'ailleurs, comment parler de Wynton sans parler de ses trois frères, Brandford, Delfeayo, Jason et de son père, Ellis. C'est avec la famille Marsalis qu'adolescent, j'ai découvert le jazz. En effet, ayant épluché la liste des musiciens présents sur l'album The dream of the blue turtles, de Sting, je suis captivé par le solo de sax sur le titre If you love somedy set them free et Russian. Je décide alors de creuser dans les bacs pour trouver les albums d'un mystérieux Brandford Marsalis. Je découvre alors Black Codes from the Underground. Brandford y joue avec son frère Wynton. C'est pour moi une vraie révélation. J'entre enfin dans l'univers du jazz. Aujourd'hui, je me dis que l'effet Marsalis a fait son effet. Alors qu'au début des années 80, le mainstream jazz s'essoufle pour devenir un pan de l'histoire de la musique pendant que des géants tels que Herbie Hancock ou Miles Davis ont délaissé ce champ pour investir celui du jazz-rock, les deux frères Marsalis font irruption dans l'histoire pour porter à bout de bras le neo-bop. Au début ce mouvement va être interprété comme un simple courant revival : les Marsalis et Wynton en particulier, ne feraient que recopier les anciens sans valeur créative ajoutée. Brandford, lui, se distingue de son frère, parce qu'il n'hésite pas à jouer sur des albums de rap ou de variété (Sting en est le meilleur exemple). Si Wynton ne veut se compromettre, c'est qu'il est aussi connu comme un virtuose, qui a enregistré pas moins d'une trentaine d'albums de musique classique. Car non content de composer des ballets jazz, Wynton excelle également dans les concertos baroques. Wynton Marsalis incarne sans conteste une des plus grandes success story de la communauté afro-américaine. S'il n'est pas le premier des entertainers, il est le premier à inscrire sa démarche artistique dans le cadre d'une entreprise politique de plus grande envergure : utiliser le jazz comme un ascenseur social. Aussi, le titre du dernier ouvrage du musicien ne trompe pas : "Moving to higher ground, how jazz can change your life." L'ouvrage se concentre sur l'apport que peut fournir le jazz en matière de développement personnel, mais on devine que l'ambition de Wynton est plus large. Le trompettiste entend magnifier le jazz afin d'égaler la musique classique. Il veut que celui-ci illustre le génie de la communauté afro-américaine et par ce biais, décomplexer cette dernière. Depuis maintenant plusieurs années, Wynton est directeur du JALC (Jazz at Lincoln Center) et a sa statue sur la place de Marciac, petite commune du Gers où il est chaque année invité d'honneur du festival. Légende vivante du jazz, Wynton ne fait cependant pas de politique au sens propre du terme. Si on trouve un post sur son site officiel traitant d'Obama qui a été écrit par un fan, on ne trouve pas de soutien officiel au candidat ( a contrario, Brandford lui s'est largement exprimé sur le sujet). En fait, si Wynton, revendique parfois son appartenance à la communauté afro-américaine et si certains de ses proches (on pense à Stanley Crouch) ont été jusqu'à soutenir qu'il fallait être black pour bien jouer du jazz, il a toujours tenté de transcender les différences culturelles et les déterminismes ethniques pour affirmer l'universalité d'un courant musical qui est issu d'un mélange de toutes les cultures. Il y a donc une véritable dialectique dans la démarche de Wynton et c'est pour cela que son entreprise de pédagogue (il a installé des écoles de musiques sur tout le territoire) est remarquable : oui la communauté afro-américaine peut être fière d'avoir inventé le jazz, mais l'histoire du jazz est faite de mélanges, donc le jazz appartient à tout le monde et est universel. Pour conclure ce post de manière arbitraire, je vous invite à vous écouter mon morceau préféré de Wynton, il s'agit de Green Chimney, une reprise de Thelonious Monk sur l'album Live at the house of tribes.
Il y a encore quelque mois, si on m'avait demandé le nom d'un grand chanteur belge, j'aurais, comme tout le monde, cité Jacques Brel. C'est qu'à l'époque, je ne connaissais pas encore David Linx. J'ai découvert ce dernier en me précipitant sur le dernier album du BJO (Brussels Jazz Orchestra). Une révélation que je conseille à tout mélomane averti, amateur de jazz ou non. Cet album est une pure merveille, une de ces perles rares que l'on découvre une fois par an. Je connaissais le BJO par ailleurs sur September Sessions et sur l'album enregistré avec le guitariste Philip Catherine et déjà on sentait qu'il y avait derrière ce big band un groupe d'exception - probablement l'un des meilleurs en Europe avec le Danish Radio Big Band. Ici la créativité est à son comble. Chaque morceau est une pièce unique qui vous emmène sur un chemin avec des déviations, des bifurcations et des contournements totalement imprévus. Les compositeurs et les arrangeurs qui ont été réquisitionnés (Lynx est lui-même compositeur) pour travailler sur les chansons de "Changing Faces" se sont surpassés pour que vous ne repassiez pas une seule fois au même endroit.
Comme le whisky, le jazz fait parti de ces produits qui, ayant des origines géographiques fortement marquées, n'en n'ont pas moins fini par obtenir une connotation universelle : on fait du bon jazz et du bon whisky partout, ou presque. Ceux qui ont eu l'occasion de goûter du Suntory ou du Nikka reconnaissent qu'ils rivalisent avec les grands single-malt. Certains diront que les Japonais sont d'excellents copistes. L'histoire est plus originale que cela : il paraît que c'est un riche homme d'affaire japonais qui, en visite en Ecosse, a tout simplement ramené avec lui deux écossaises qui travaillaient dans des distilleries. Jolie fable pour montrer la mondialisation sous un visage plus sympathique et parfaite introduction pour présenter le jazz-band japonais Quasimode. Car étant donné que whisky et jazz vont de paire, les japonais, eux, se sont mis aux deux. Les young lions (nouvelles générations de jazzmen américains qui revisitent le mainstream) le savent, eux qui collectionnent les enregistrements live au pays du Soleil Levant, là-où ils réalisent sans doute le plus grand nombre de ventes. De même Elvin Jones, le batteur de Coltrane n'avait pas épousé une japonaise par hasard Mais revenons à Quasimode. Je suis tombé sur ce groupe par hasard en faisant des recherches sur la chanteuse Carmen Lundy, une diva qui est allée de la scène funk à la scène jazz et qui a enregistré deux titres sur l'album sublimement intitulé : Straight to the land of Freedom. Cet album à couper le souffle vous installe tout de suite dans le vif du sujet en enchaînant Catch the fact et The man from Nagpur. La rythmique de Quasimode est unique : on dirait qu'une locomotive propulse le groupe de morceaux en morceaux (le couple batterie, percu n'y est pas étranger). La description exacte : c'est un peu comme si on avait mélangé du hard bop et du funk, un peu comme si on avait demandé au Gap Band de jouer Red Clay de Freddie Hubbard. On n'écoute pas Quasimode assis, on reste debout avec sa pinte à la main et on secoue la tête et le bas des hanches en rythme avec sa voisine ou son voisin. Le morceau Object in the air, interprété avec Carmen Lundy est remarquable d'innovation. Time is love, toujours avec elle, est une valse swing à trois temps entrecoupée de chorus impressionnants. Un de mes morceaux préférés s'intitule "For self defense", on y retrouve tout l'art du pays des samouraïs qui s'est converti en quelques années, si ma mémoire est bonne, to The land of Freedom : une autre composition originale qui est également le titre de deux de leurs albums studio. En écoutant l'album Straight to the land of Freedom, on s'aperçoit qu'il s'agit bien plus que d'un voyage organisé de touristes japonais à la Nouvelle Orléans. Il s'agit d'une création originale et unique qui a son propre style et sa créativité puisée à cette source d'inspiration universelle qu'est le jazz. A quand Quasimode en tournée en France ?
Dans le cadre de ma nouvelle rubrique intitulée Jazzy Sunday, j'ai décidé de vous parler de mon big band préféré, le Vanguard Jazz Orchestra. Si les amateurs de jazz connaissent tous le fameux Village Vanguard, peu connaissent le magnifique orchestre dont ce lieu mythique du jazz a enfanté. Le légendaire VJO, est né en 1965 de l'initiative du trompettiste Thad Jones et du batteur Mel Lewis. La formation initiale a vécu 12 années, avant de devenir le Mel Lewis Jazz Orchestra. A la mort du batteur, le tromboniste John Mosca, le saxophoniste Dick Oatts et le pianiste-compositeurs Jim Mc Neely ont créé le Vanguard Jazz Orchestra. Depuis sa fondation, le big band était une formule originale, puisqu'il regroupait les musiciens de studio et les accompagnateurs qui travaillaient au Village Vanguard, autrement dit, tous des musiciens qui ont joué avec les plus grands. Le groupe se réunissait tout les lundis soir pour des jam sessions. Le style du VJO est unique et on y retrouve toute l'histoire du jazz du swing au hard-bop en passant par le be-bop. Tous les artistes qui y jouent sont des virtuoses de haut rang. Chaque album a un son unique et inégalé. J'ai eu cette immense chance de pouvoir assister à un concert du groupe new-yorkais lors du North Sea Jazz Festival de Rotterdam... une fois sorti on se dit que désormais on peut mourir en paix. Difficile de commenter toute la discographie, mais voici un petit aperçu des disques enregistés dans la toute dernière décade :
- Lickety Split, The Music of Jim McNeely, 1997, New World Records - Thad Jones Legacy, Vanguard Jazz Orchestra, 1999, New World Records - Can I Persuade You, 2002, Planet Arts - The Way, Music of Slide Hampton, 2004, Planet Arts - Up From The Skies, Music of Jim McNeely, 2006, Planet Arts - Monday Nights Live at the Village Vanguard, 2008, Planet Arts
Pour avoir un échantillon de l'étendue des capacités du VJO, je vous recommande le tout dernier album. Celui-ci en effet possède quelques perles telles que Say it softly ou Kids are pretty people. Crise des subrpimes ou pas, les plus anti-américains de tous les frenchies décoleront au son de Mornin Reverand et de Las Cucaracha Entran. Le Don't you worry'bout a thing de Steevie Wonder est particulièrement de circonstance et possède une sorte de délicatesse qui lui confère une fébrilité de circonstance. Côté classiques revisité, les "mainstreamer" ont été particulièrement gâtés avec un Saint-Louis Blues et un Body & Soul d'une grande délicatesse. Mean what you Say et Willow tree enfin, sont de longues balades où l'imagination du VJO se libère et déborde de créativité pour nous emmener sur des chemins encore inexplorés... Bref, un album qui devrait être en vente dans toutes les bonnes pharmacies et que je recommande à tous ceux qui ont le blues des subprimes.
Aux vues du succès remporté par mon post sur Quentin Mosimann (je remercie encore tous les "potesfan" pour les gentils messages), j'ouvre sur ce blog une rubrique "Jazzy Sunday". J'entends parler sur celle-ci des artistes qui ont déjà une notoriété bien établie sur le continent européen, mais aussi, d'artistes américains qui sont un peu moins connus, car mal distribués ou ne disposant pas vraiment d'un public ici, et que je connais par le biais de WNCU. Le premier d’entre-eux sera donc Earfood, le dernier album de Roy Hargrove.
Cela fait maintenant plusieurs années que Roy Hargrove a creusé son sillon. Il s'est fait vraiment remarquer en 1994 avec l'album With the Tenors of our Time (Verve Records). Roy fait parti des Young Lions, l'école de ces jeunes jazzmen qui a vu le jour dans les années 80, dans la foulée de la renaissance du Neo-Bop initiée par Wynton et Brandford Marsalis. Surdoué de la trompette, le petit homme par la taille a déjà à son actif une grande discographie (pas moins de 16 albums personnels) et a enregistré avec tous les grands. Dernièrement, on sentait que Roy se cherchait un style et avait un petit côté touche à tout. En effet, en 2003, il créé un groupe de jazz-funk, le RH Factor, ce qui lui vaudra pas mal de critique de la part des puristes. Chechant à se faire pardonner, en 2006, il enregistre Nothing Serious, un double album où il cherche à mettre tout le monde d'accord avec un disque de reprises classiques d'un côté et des créations funkies de l'autre. Earfood, son tout dernier disque, ne s'embête plus de ces précautions. Le trompétiste a réuni ici son quintet et ambitionne de "donner du plaisir à l'auditeur". Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il a plutôt bien réussi son alchimie. Un peu comme si un grand cuisinier réussissait à vous composer un plat aussi simple à consommer que de la "junk food" et aussi sophistiqué que de la cuisine de grand chef. Chaque morceau, opère à lui seul une savante alchimie entre le glamour du mainstream et la modernité du son d'aujourd'hui. Plus besoin de séquences électroniques pour danser, le rythme binaire de Strasbourg Saint-Denis vous propulse sur la piste sans plus de fioritures à la RH Factor. Plus besoin d'aller puiser dans le Real book pour réviser ses classiques, le morceau Starmaker, n'a rien à envier aux compositions d'un Cole Porter. The Stinger et Style, nous rappellent, quant à eux, l'ambiance "autrichienne" du Nothing Serious. A noter encore les excellents To Wisdom The Prize, Red, Bring it home to me, et surtout la reprise exceptionnelle de Speak Low. Roy Hargrove et son Earfood, c'est un peu comme Jean-François Piège vous servant des frites au Crion. Un album capable de donner du plaisir au plus grand nombre sans rien céder au savoir-faire et à la complexité de la tradition. On sort rassasié, mais tout de suite, on en redemande.
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