Quand Sarkozy baisse les bras face à la main d'Henry
Personne ne peut échapper au débat sur la main d'Henry. Outre le fait que l'on vient d'apprendre que le match ne serait pas rejoué, on notera au passage que l'on dispose d'un élément de plus pour la réflexion sur l'identité nationale : notre pays, dont l'image internationale se dégrade d'année en année, va devoir désormais porter en plus la charge d'être un pays de tricheurs (et vous pensez que cela n'aura pas d'impact sur la croissance ? ).
Il est évident que l'équipe nationale aurait dû faire preuve de fairplay et rejouer cette partie. D'ailleurs, à l'instant où j'écris, Henry lui-même pense que rejouer le match serait la solution la plus équitable. Cela permettrait en effet de créer un précédant. Et tous ceux qui argumentent en s'appuyant sur l'argument d'antériorité (il faudrait rejouer par la même occasion tous les matchs où il y a eu de la triche) se trompent : on ne juge pas de la moralité (ou de l'immoralité) d'une action en s'appuyant sur l'histoire (on trouvera quelques bons arguments chez Kant de ce point de vue). Une action morale se justifie par son caractère universel. Et donc, comme on n'aimerait pas que les Irlandais aient éliminé notre équipe nationale après avoir triché, on doit tout faire pour réparer l'action immorale qu'un joueur de l'équipe nationale a commise.
Ces quelques rappels faits, je voudrais revenir sur un petit détail qui m'a interpelé dans cette histoire : lors d'une conférence de presse, Nicolas Sarkozy a répondu aux journalistes qui lui demandaient s'il allait intervenir : "Vous allez encore dénoncer l'hyperprésident. J'ai dit à Brian Cowen combien j'étais désolé pour eux. Mais ne me demandez pas de me substituer à l'arbitre, aux instances du football français, aux instances du football européen : laissez moi à ma place, Et ça m'arrange bien de vous répondre ça". Cette déclaration n'est pas anodine et le sourire qui la ponctue en dit long de la conscience qu'a Nicolas Sarkozy d'outre-passer à chaque fois la fonction qui est la sienne. On en serait presque rassuré : si le Président a conscience qu'il s'occupe trop souvent de ce qui ne le regarde pas, cela veut peut-être dire qu'il sera capable un jour de respecter le principe de subsidiarité ... Oui mais alors espérons que ce ne sera pas seulement quand cela l'arrange. De la même manière, espérons qu'un jour les sportifs seront fairplay, même quand cela ne les arrangera pas.
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C'est là qu'on voit que le libéralisme a encore des progrès à faire dans ce pays: si ce trouduc de Thierry Henry avait entendu parler de la "main invisible" on n'en serait pas là !!!
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Moué, tu théorises des trucs qui n'en ont pas besoin selon moi... Mais bon.
Rédigé par : Seb de CaRéagit | 20/11/2009 à 15:32
@ Seb de ça réagit : j'aime bien fonctionner par analogie. Je trouve que ça aide à penser :-)
Rédigé par : JPO | 20/11/2009 à 15:54
C'est là qu'on voit que le libéralisme a encore des progrès à faire dans ce pays: si ce trouduc de Thierry Henry avait entendu parler de la "main invisible" on n'en serait pas là !!!
Rédigé par : yvesd | 20/11/2009 à 16:04
@ yvesd : trop fort !!!!
Rédigé par : JPO | 20/11/2009 à 16:38