Fidèle aux "posts" de mes chroniques polonaises, je profite de nouveau de mon séjour à Wroclaw pour vous offrir un petit compte-rendu de l'actualité. Avant-hier, les Polonais fêtaient en même temps que le premier Mai, leur cinquième anniversaire d'adhésion à l'Union Européenne. Cinq année, c'est donc l'heure du bilan, bilan que je reproduis ici d'après la couverture du journal Gazeta Wyborcza.
Avis aux eurosceptiques : le paragraphe qui suit, comporte des chiffres qui pourraient fortement blesser votre sensibilité et faire vaciller quelques-unes de vos certitudes.
1) Depuis le 1er Mai 2004, le PIB Polonais a augmenté chaque année de 5,3% et le salaire moyen est passé à 650 zl
D'après Wyborcza, personne ne peut plus nier l'apport de l'adhésion à l'UE, pour les 3 raisons suivantes :
- Plus de 120 milliards de zlotys de différents apports financiers proviennent de l'UE
- Grâce à l'adhésion à l'UE, les entreprises polonaises ont pu améliorer leur exportations (valorisées à environ 114,5 milliards d'euros l'année passée)
- Enfin, les investissements en provenance de l'Europe de l'Ouest ont augmenté de manière conséquente pour atteindre 60,2 milliards d'Euros
2) La Pologne a reçu 12 milliards d'Euros d'aide en provenance de l'UE.
3) 1,3 millons de Polonais ont travaillé dans les différents pays de l'UE : 440 millions en Grande-Bretagne, 438 millions en Allemagne, 102 millions en Irlande, et seulement 41 millions en France (c'est pour cela sans doute qu'il faut toujours attendre pour trouver un plombier ;-) )
4) L'UE participe à hauteur de 19% dans les programmes de prévention et de sauvegarde de l'environnement
5) Les agriculteurs polonais ont obtenu des caisses de l'UE et du budget de l'Etat polonais, 10,3 milliards d'Euros. Le salaire moyen des agriculteurs polonais a augmenté de 90% par rapport à la décade précédant l'entrée dans l'Union.
6) Grâce à l'argent de l'Union les polonais ont pu construire 425,6 km d'autoroutes et de voies expresses, et 700 km de ligne de chemin de fer.
Certes, il existe sans doute mille et une raison de critiquer l'Europe (la technocratie en est une parmi d'autres) mais je pose la question à tous les Eurosceptiques : comment peut-on, au regard de toutes ces données, encore remettre en cause l'intérêt et l'efficacité du marché commun ?
Sur ce, persuadé de la grandeur de l'Europe, je file voir l'exposition "Europa to nasza historia" (l'Europe, c'est notre histoire) et espère pouvoir vous rammener quelques photos intéressantes.


Oui mais est-ce que c'est le cas pour tous ? La Hongrie ?
En apparence, oui, mais il y a aussi une forte question de culture, d'identité nationale. Ne ressort malheureusement que les aspects négatifs.
Quelques exemples : Ici on lance un chantier monumental (ex : rénovation d'un pont en centre ville, création d'une ligne de metro...), on y travaille par équipe de 60 personnes, 5 travaillent, 5 surveillent, 50 regardent... et surtout cela ne finit jamais. Plus amusant, cela ne finit jamais, et quand on estime que c'est fini, il va manquer quelque chose d'indispensable (comme si dans une gare, on avait oublier l'horloge ou comme si on oubliait de construire une scène dans un théatre)
C'est pareil dans les banques (d'Etat de toutes les façons), à la Poste, chez Elmu (Edf), dans les gares ferroviaire et métro... (mais là s'il n'y a plus de fonctionnaires, il y a tout de même la garantie de l'emploi à vie - si vous faîtes une remarque, on vous répond "pour ce que je gagne")
A côté de cela, les étrangers arrivent. La première phase d'investisseur venant d'Israel et qui avait tout racheter est en train de se desengager (ils ont compris, rien ne changera), la deuxième phase autrichienne, allemande s'en va en y laissant toutes ces plumes.
Non il n'y a rien à faire.
Lorsque vous le faîtes remarquer aux jeunes (plus mauvais en anglais que les français dans les années 70/80), ils vous répondent benoîtement "C'est la Hongrie ici" - (et si vous êtes pas content...)
Quand à l'Europe qui est venue au secours des banques et de l'Etat, gageons qu'il n'y aura aucune évolution.
Bref l'Europe n'est pas faite, les génocides et les guerres ont encore de beaux jours. La Hongrie n'est pas tirée d'affaires (si un français peut se permettre de faire des remarques d'ailleurs).
Mais comme les français disent "chez eux c'est vraiment grave...", nous sommes bien dans le plus merveilleux des mondes, pour quelles raisons voulez-vous que j'aille voir ailleurs, et puis de toutes les façons c'est la faute des américains ou des arabes ou des chinois (même si je ne sais pas ce que c'est d'ailleurs, mais c'est la télé qui le dit)
Rédigé par : colcombet | 05/05/2009 à 10:50