Il y a une idée préconçue qui voudrait que la Côte Est des Etats-Unis soit le sanctuaire du Jazz, pendant que la Côte Ouest, elle, serait le paradis de la country. Mais il y a tant d'exceptions des deux côtés que cette vision ne tient pas longtemps. Donc si vous ne connaissez pas encore le SF Jazz Collective, c'est le moment où jamais de découvrir un des groupes les plus innovants du continent nord-américain et qui peut faire tomber à lui seul l'idée préconçue que j'ai énoncée précédemment. Comme son nom l'indique ce groupe est originaire de San Francisco. J'ai eu la grande chance de voir cette formation en 2007 au North Sea Jazz Festival de Rotterdam. Certes, j'aime utiliser les superlatifs, mais en y réfléchissant bien, je crois que je place la prestation à laquelle j'ai assistée, une étagère au-dessus de celle du Vanguard Jazz Orchestra, dans l'armoire de ma mémoire, c'est dire. Je me rappelle très bien, j'étais assis au tout premier rang d'une salle comble quand je vis tout d'un coup sur le côté un visage qui ne m'était pas inconnu. C'était Wynton Marsalis en personne qui s'était mêlé au public pour venir écouter l'octuor parmi lequel se trouvait le célèbre saxophoniste Joe Lovano. Incredible : le grand Wynton, n'en croyait pas ses oreilles et ça se lisait sur ses yeux...
C'est dire. Etait-il venu faire du benchmarking, ou chercher une quelconque inspiration, si tant est qu'il en ait besoin à son niveau.... Mais revenons au SFJC. Formation originale donc, puisqu'elle se caractérise par son côté à la fois éphémère et définitivement lié au festival de jazz de San Francisco. Ainsi, l'idée étant que pendant plusieurs semaines huit musiciens de très haut niveau laissent tomber leurs autres projets pour se regrouper dans un collectif. A l'originalité de la formation s'ajoute celle du répertoire : mixer les créations contemporaines originales et les interprétations des grands du jazz en choisissant chaque année un artiste différent (Ornette Coleman en 2004, John Coltrane en 2005, Herbie Hancock en 2006, Thelonious Monk en 2007, et plus récemment Wayne Shorter en 2008). Après avoir joué en résidence à San Francisco, le groupe part en tournée mondiale. Si la composition du groupe varie, un couple reste immuable depuis la création : il s'agit de la pianiste Renee Rosnes et du saxophoniste Miguel Zenon. Ces deux artistes apportent une touche inimitable à l'ensemble qui pour le reste est aujourd'hui composé de grands noms tels que Dave Douglas, Stefon Harirs, Robin Eubanks, Matt Penman ou encore Eric Harland. Le seul défaut du SF Jazz Collective, c'est peut-être son petit côté élitiste. Je ne parle pas de leur musique qui, bien que très sofistiquée reste accessible aux débutants, mais de la difficulté de se procurer leurs albums. Car mis-à-part les deux albums sur lesquels on trouvait encore Joshua Redman et Nicholas Payton, il est quasiment impossible de se trouver les derniers live qui sont tous édités en séries limitées, et accessible uniquement en passant commande sur le site. Et voici donc ma petite recommandation pour égayer votre jazzy sunday : 2 and 2 sur l'album volume 2. Sans doute le morceau qui illustre le mieux la palette de savoir-faire du SF Jazz Collective.


jazz
Rédigé par : julie | 19/12/2008 à 19:51