J'avais adorré Million Dollars Baby, mais là j'ai succombé pour L'échange (The Changelling) On sait qu'il s'agit d'une histoire vraie mais qui dit histoire vraie, ne dit pas forcément documentaire. Clint Eastwood a su mettre toute la profondeur nécessaire au traitement de cette affaire sordide. Dès les premières phrases on a compris qu'il fallait y voir une parabolle. Quand Walter demande à sa mère, Christine Collins, pourquoi son père est parti, elle lui répond "ton papa a reçu un petit paquet qui s'appelait la responsabilité et il n'en n'a pas voulu. Ca lui a fait peur." (inversement, un père privé de son enfant sans qu'on lui en ait demandé son avis et qui a une grande conscience de ce qu'est sa responsabilité paternelle souffre de la même manière). J'ai donc été particulièrement remué par cette phrase et tout le film n'en n'est que l'illustration. Ainsi, Christine subira les pires épreuves que l'on puisse imaginer en restant toujours aussi forte. Seul un être libre et responsable peut faire preuve d'une telle force. Christine Collins a enduré les pires humiliations et les pires tortures que l'on puisse imaginer, mais elle a toujours conservé sa diginité. Comme si une force extérieure l'animait. Cette force qui transcende son individualité, c'est tout simplement la responsabilité. Comme un idéal supérieur qui nous fait sortir de nous même et prendre conscience d'une certaine attitude à adopter par rapport à autrui : élever un enfant en lui inculquant certains principes, ne jamais mépriser autrui, partager avec les nécessiteux... on pourrait lister ainsi tous les dix commandements. Si la liberté est une énergie pure qui nous fait aller de l'avant, la responsabilité, est une sorte de gouvernail qui nous empêche d'aller dans le mur ou de rentrer en collision avec nos voisins. Un monde idéal serait un monde ou les individus seraient tous doués d'un maximum de responsabilité. A l'opposé d'Angelina/Christine la police corrompue de Los Angeles et le Serial Killer, auteur du meurtre de 17 enfants avaient un degré de responsabilité proche de zéro, voire tout simplement, d'irresponsabilité. Ce n'est pas pour rien que les libéraux luttent contre les système étatique : c'est parce qu'en plus d'être nuisibles aux libertés individuelles, ils sont déresponsabilisants pour les individus. On voit bien aussi à ces considérations que le libéralisme est bien plus qu'un projet politique, c'est surtout une méthode et un savoir-vivre en société. Et c'est pour cela que l'homme politique libéral n'a pas de solution toute trouvée, mais simplement quelques principes et un objectif : "un maximum d'individus responsables pour eux-mêmes = un minimum d'individus responsables pour les autres", principe qui doit se battre avec les contingences du temps et dont on ne saura jamais s'il peut être atteint. Les enfants, n'étant pas de fait responsables, il faut que les adultes exercent à leur place cette responsabilité, ce qui les oblige à avoir une conscience redoublée.
J'ai vu tout cela dans The changeling film que je vous conseille vivement.


Je suis entieremment d'accord sur ton discours sur l'étatisme et la déresponsabiliation.
J'essayeras de voir ce film à l'occasion, la bande annonce m'avait intéressé.
Rédigé par : AsTeR | 16/11/2008 à 00:28
Oui ça en vaut vraiment la peine. Je précise que ce post est une libre interprétation d'un aspect du film, qui renvoie à bien d'autres sujets.
Rédigé par : JPO | 16/11/2008 à 10:34
oui le propos semble juste, et le sujet fort. Comme de plus, Eastwood est un très grand réalisateur, ça parait très très alléchant !
merci pour la petite critique : ça me fera peut-être bouger pour aller le voir au ciné !
Rédigé par : LOmiG | 17/11/2008 à 15:07
Eastwood doesn't have watch, he tells what time it is.
Rédigé par : JPO | 18/11/2008 à 17:41
Salut JP
Tout à fait d'accord avec toi. C'est pour tout dire ta critique qui m'a décidé à aller voir ce film. Il est dur très dur, mais absolument formidable.
Le réalisateur est libertarien (il a été maire d'une petite ville des USA qui s'appelle Carmel je crois), Angelina aussi (elle devrait avoir un role de premier plan pour l'adaptation d'Atlas shrugged), est cela se ressent dans tout le film. Par clin d'oeil. La responsabilité,mais aussi la concurrence à un autre moment ...
On ne peut que le conseiller. J'ai rarement été aussi secoué.
Je me demande meme parfois si finalement ce film ne milite pas pour la privatisation de la sécurité. En tout cas pour la mettre en concurrence. ;-)
D
Rédigé par : Dimitri | 21/11/2008 à 14:42
Slt dimitri
En effet je n'y avais pas pensé. Enfin pas autant. Je pense qu'il faudrait par la même occasion envisager une mise en concurrence de la justice. Aussi fou que cela parraisse, j'avais envosagé cette possibilité dans un roman d'anticipation et ça tenait tout à fait la route :-)
Rédigé par : jpo | 21/11/2008 à 17:27
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Rédigé par : Louis Vuitton Outlet | 05/12/2011 à 01:49