Que d'efforts et d'énergie dépensée à la Rochelle. Les Français ont pu constater sur pièce que les socialistes, même s'ils se foutaient des problèmes qui comptaient vraiment aux yeux des Français, étaient très sérieux en ce qui concerne les problèmes de leur propre parti. On a pu constater qu'ils ne faisaient pas semblant . Mais comme pour les vieux couples, quand "il n'y a plus moyen, il n'y a plus moyen". Et de ce point de vue, on pourrait presque leur trouver une excuse. Si les ego se retrouvent ainsi à se chamailler, partes extra partes, c'est que "la force" qui les tenait jadis ensemble n'existe plus.
En effet, ce qui justifie l'existence d'un parti et sa chance de réussir, dans un premier temps, ce sont les idées qui jouent un rôle de catalyseur pour regrouper les femmes et les hommes qui croient en elles. Les chasseurs se réunissent autour de l'idée qu'il faut donner davantage de droits à leur passion, les ouvriers se réunissent au sein de LO pour défendre les intérêts de leur classe, etc... De ce point de vue, le parti champignon que fut AL n'aurait jamais pu voir ainsi le jour ex-nihilo et se développer si la vacuité provoquée par l'absence de parti authentiquement libéral en France ne s'était faite ressentir comme un manque cruel pour ceux qui croient moins en l'Etat providence qu'en la responsabilité individuelle.
Mais revenons à La Rochelle. Jadis les socialistes se sont regroupés autour de l'idée que l'Etat devait intervenir pour redistribuer les richesses aux individus qui le composent. Comment se fait-il qu'ils ne puissent plus se retrouver autour de cette idée ? Aurait-elle disparu dans le ciel platonicien ? Ou les éléphants seraient-ils devenus si individualistes qu'ils seraient incapables de se sacrifier en son nom ? En fait, la première raison n'est sans doute pas là : l'idée de l'intervention de l'Etat providence dans les affaires des Français est plus que jamais présente. Il suffit de voir la dernière mesure en date du gouvernement pour s'en persuader. Comme le rappelle Françoise Fressoz dans son éditorial du Monde, Sarkozy a été suffisamment habile pour destabiliser la gauche. On peut cependant se demander s'il s'agit d'habileté politique, ou tout simplement de réflexe inhérent à tout politicien français qui pour chaque problème ne sait mettre en place qu'une seule mécanique : "créer une taxe, distribuer des primes ou créer des exonérations". Du point de vue de la politique économique, il n'y a donc plus d'opposition possible, ou si peu entre les socialistes et le gouvernement, puisqu'ils sont quasiment tous d'accord sur la méthode. Enfin, pour ce qui concerne les libertés individuelles, on trouve désormais autant d'apôtres de l'ordre juste à gauche que d'adeptes de l'interdit et de la prohibition à droite. Malgré tous leurs efforts et indépendamment de la médiocrité de certains d'entre-eux, les socialistes ne pouvaient donc pas mieux faire que de regarder se décomposer leur parti, puisque la concurrence s'est imposée sur leur propre marché et qu'ils n'ont pas su diversifier leur offre, s'ajoute le fait qu'ils se sont fait prendre leurs meilleures ressources humaines.
A la suite de cette analyse, très schématique, on en conviendra, il apparaît donc clairement que le seul véritable concurrent à la politique menée par le gouvernement aujourd'hui ne peut être qu'un programme d'essence libérale.


salut,
d'accord sur la conclusion : Sarkozy a annihilé le PS, qui n'était déjà plus très vaillant !
Je ne suis pas sûr que les gens soient prêts à voir dans le libéralisme une "alternative"...
à bientôt
Rédigé par : LOmiG | 03/09/2008 à 07:46
Slt Lomig,
A nous de leur faire passer le message non ? Il me semble qu'en ce qui te concerne, tu t'y prends très bien :-)
JPO
Rédigé par : JPO | 03/09/2008 à 10:39
Certes, Sarkozy nous a fait mal, mais je ne suis pas sûr que les français soient prêts à se lancer dans une logique 100% libérale.
La droite est trop conservatrice en France.
Je suggérais sur le blog de Lomig l'émergence d'un libéralisme de gauche.
Bien à toi
Rédigé par : Timothee | 03/09/2008 à 10:52
salut Timothée...le libéralisme n'est ni de gauche, ni de droite. DIs moi ce que tu entends par droite et gauche, et je te dirais où positionner le libéralisme...!
à bientôt !
le PS est 10 fois plus conservateur en ce moment que l'UMP. Le PS serait-il donc de droite ?
Rédigé par : LOmiG | 03/09/2008 à 15:50
Bonjour Thimothée,
Attention, ne faites pas de contressens. Je n'ai pas simplement dit que "Sarkozy vous a fait du mal". Ca c'est le propos de F. Fressoz. Ce qui a fait le plus de mal au PS, c'est son incapacité à se remettre en question et le fait finalement que les hommes s'accrochent aux idées qu'il défendaient il y a 50 ans déjà comme à des branches. Comment expliquez-vous, par exemple que quelqu'un comme Manuel Valls soit minoritaire, alors qu'il est quasiment le seul à apporter de vraies idées neuves ?
Vous avez raison de dire que la droite est trop conservatrice et c'est la raison pour laquelle elle n'est pas libérale, mais "sociale"(on oublie trop souvent que gauliste et communiste s'entendaient plutôt bien)
Et comme le rappelait fort justement Lomig, le libéralisme n'est ni à gauche ni à droite. Il y a quelques textes sur ce blog qui développe cette idée qui commence tout de même à faire son chemin.
Bonne journée à vous
JPO
Rédigé par : JPO | 03/09/2008 à 17:35
On pense ce qu'on veut des socialistes mais une chose est certaine, ils oublient pas les bonnes choses
http://restonscorrect.20minutes-blogs.fr/archive/2008/09/03/politique-gastronomie.html
Rédigé par : Yves D | 03/09/2008 à 21:18