A la suite d'une décision du CIO, la proposition de badge "Pour un monde meilleur" en signe de protestation contre la répression chinoise au Tibet, est définitivement tombée aux oubliettes. Il faut dire que cette idée de David Douillet n'avait pas rencontré un grand succès et passait plutôt pour bien mièvre. De nombreux journalistes avaient pourtant prédit que les sportifs, n'allaient pas se laisser faire et que l'on pouvait s'attendre à des happenings, images de Tommie Smith et John Carlos aux JO de Mexico en 1968 à l'appui. Finalement, mis-à-part l'épisode des 10 manifestants (8 Américains, 1 Anglais et 1 Allemand) qui viennent d'être condamnés, les JO de Beijing se sont déroulés sans manifestation particulière. Pas un seul poing levé, aucun happening, aucune scène de protestation, pas un seul t-shirt provocateur... mis-à-part peut-être celui porté par un handballeur français lors de la finale. Répondant à l'interview d'un journaliste de Canal + , alors que personne ne s'y attendait, le joueur montpellierain Mickaël Guigou soulève subitement son maillot bleu pour laisser entrevoir un t-shirt blanc sur lequel on peut lire le slogan "J'aime le chibre". Sur le coup, je me gratte la tête et me dis "trop fort ce mec, il est en train de nous faire passer un message codée : "chibre = la contraction de Chine et de Libre". Mais, mon espoir est vite retombé (n'y voyez aucune image). En fait, il s'agissait d'un pari qu'il avait fait, nous avoue-t-il, avec ses amis, au cas où il ramènerait l'or. Détail croustillant, il nous avoue que "le chibre", c'est le surnom de sa petite amie : "enchanté de faire votre connaissance, Mêdême Le Chibre". Et pour justifier son geste à haut risque, il ajoute "quand on est champion olympique, on peut tout se permettre". Il ne s'agit pas ici de jouer la vierge effarouchée ou, par excès de pruderie, de faire le coup du "Cachez ce t-shirt que je ne saurai voir". Dans mon fort intérieur, je suis, "mdr". Trève de plaisanterie, ce geste de collègien, m'a laissé un goût amer qui exprime bien le "sentiment partagé" que l'on est en droit d'avoir à l'égard de ces JO. Sentiment que l'expression "grandeur et décadence" décrit parfaitement. On admire les Dieux du stade, porteur de valeurs excéptionnelles et on est déçu de les voir faire des vannes de potaches plutôt que de se transformer en porte-parole héroïques des droits de l'homme dans ce pays qui en a tant besoin. On admire la capacité de ce grand pays qu'est la Chine d'organiser les jeux et ce dans le moindre détail et on est horrifié de voir qu'elle condamne des touristes pour avoir osé déployer une banderole. Mais là où on est le plus partagé, c'est par rapport à la question de savoir si le fait d'avoir organisé les jeux aura finalement permis d'amorcer un changement d'attitude des politiques, ou si cela ne servira qu'à mieux affirmer la suprématie d'un pays dont tout le monde craint tant la puissance. Personnellement, je n'ai pas de réponse à cette question. Mais je pense que les Jeux de Pékin n'ont fait qu'ouvrir le débat... Veillons à ce qu'il ne se referment pas.
PS/ Vu également dans les coulisses et beaucoup plus grave : un T-shirt de l'armée chinoise (vert avec l'étoile rouge) que portait le journaliste de C+ après qu'on lui ait déchiré le sien... N'avait-il rien d'autre à se mettre sur le dos ? Même pas un petit t-shirt du Che ?
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En réaction, je tiens à dire que la principale et unique erreur a été de donner ces jeux à Pékin... Il ne s'agit pas là de regretter la 1ère défaite de la candidature de Paris, mais bien de pointer du doigts les procédés de coulisses, dit lobbying et la primauté des intérets économiques en faveur de ce qu'il faut bien appeler le pays le plus ultra-libéral du monde (économiquement parlant, j'entends).
Bref, la seule et unique responsabilité de cette mascarade vis-à-vis de l'esprit olympique revient comme souvent aux décisionnaires politiques, groupes de pression économiques, et bien sûr décisionnaire du CIO.
Une fois les Jeux donnés à pékin, il devenait inutile de discutailler sur comment protester. Le meilleur moyen eût été de le donner à un pays un peu plus respectable en termes de droits de l'homme, même si bien sûr, le paradis sur terre n'existe pas!
Il me parait donc tout à fait injuste de reprocher aux athlètes, simples acteurs, le manque de coups d'éclats. Un athlète TRAVAILLE pendant 4 ans en vue de réussir UNE compétition, souvent sur UNE journée. Il a donc suffisamment à faire pour ne pas avoir la lourde charge de dénoncer les injustices, qui plus est en risquant sanctions- voire disqualification - en cas de manifestations intenpestive.
Pour rappel, un luteur Suédois a été disqualifié pour être parti avant la fin de la cérémonie de remiose des médailles, en laissant sa breloque de bronze sur le sol, pour marquer son mécontentement face à l'arbitrage.
Vous perdez une médaille en protestant contre les arbitres, il est d'autant plus sûr que vous la perdez en protestant contre le pays hôte.
En bref, il y a assez de responsables politiques et autres représentant de l'état dont c'est le rôle, pour ne pas demander à nos athlètes d'être des champions-ambassadeurs-combattant-révolutionnaires.
Injuste, je vous dit.
Rédigé par : Pas sur les athlètes qu'il faut taper... | 26/08/2008 à 17:31
Bonjour monsieur et merci pour votre commentaire.
C'est vrai que l'on pourrait voir dans mon texte uniquement une critique anti-sportifs.
Or j'aurais dû rajouter le § que je souhaitais rajouter pour les dédouaner de toute responsabilité.
En fait, ma critique est plus globale. Le texte est ambigü, de la même manière que ma position sur les JO.
Mais si vous relisez-bien entre les lignes, j'en "veux" autant aux journalistes, qu'aux politiques, qu'aux spectateurs.... qu'à moi-même qui ne sait toujours pas s'il fallait ou non faire ces jeux.
Bref, je sais très bien que les sportifs sont rarement des poêtes et les poêtes, rarement des sportifs.
Les politiques eux utilisent le sport pour défendre leurs idées,les sportifs se retrouvent souvent à être utilisés malgré eux pour faire passer des idées qu'ils n'ont pas souhaitées.
Tout ceci n'enlève rien au fait que le geste du maillot avec le message de potache, mis en comparaison avec ce que nous avait prédit les journalistes et le grand débat qui avait eu lieu dans notre pays, ne peut que choquer les consciences et faire réfléchir : on se dit "tout ça pour ça?"
Enfin, concernant ce que vous avez qualifiez le pays le plus "ultra-libéral du monde", j'aimerais faire un petit rectificatif.
Il est frappant de voir comment les gens dénoncent le fait que ce pays respectent les libertés économiques , alors qu'ils ne respecte pas les libertés individuelles.
Or s'il ne respecte pas les libertés individuelles, ce n'est pas parce qu'il a adopté le libéralisme économique, mais bien parce que l'Etat défend toujours les principes de l'idéologie marxiste-léniniste.
Or, comme je vous le rappelle, une idéologie, quelle qu'elle soit, impose sa vision du monde et détruit tout ce qui ne pense pas comme elle.
Concernant le libéralisme, c'est tout le contraire d'une idéologie. C'est une doctrine qui pose comme principes fondateurs que "ma liberté s'arrête là où commence celle d'autrui" ou également une idée comme celle de Voltaire : "je ne suis pas d'accord avec votre pensée, mais je me ferai tout pour que vous puissiez l'exprimer..."
Ces idées qui sont des grands pans des droits de l'homme n'ont pas droit de cité en Chine et ce, non pas parce que la Chine s'est convertie au capitalisme, mais comme je vous l'ai dit, parce qu'elle vit encore sous le jout du communisme.
Le libéral authentique que je suis pense qu'on ne peut pas séparer les libertés individuelles et les libertés économiques. Les premières sont la condition des secondes.
Et le sport, bien évidemment, a toute sa place dans un monde libéral :-)
Rédigé par : JPO | 26/08/2008 à 18:24
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Rédigé par : Obersatireart | 01/10/2008 à 15:00