Alors que le déluge semble proche pour le PS et que ses membres attendent le messie, les prétendants se précipitent, mais on ne sait toujours pas s'il y aura un élu. Après une relecture des textes bibliques de la philosophie politique, le maire de Paris, vient de lever l'interdit que son parti avait jeté depuis des années sur le mot "libéral". Quelle audace ! Espérons toutefois que ce ne soit pas juste un éléphant qui accouche d'une souris, et surtout, que ces derniers, oseront monter dans l'embarcation. Or, on a toutes les bonnes raisons de croire que Bertrand nous mène en bateau tout droit vers Paris plage. Ainsi, comme le remarque l'excellent Jean-Michel Aphatie sur son blog ,
"Parce que le problème est ailleurs. Libéral, madame, monsieur (il parle de Bertrand et de Ségolène), l’êtes-vous au sens économique du terme? Alors là, plus personne. Non, non, non, non, non, non. Ni à droite, ni au centre, ni au milieu, ni dans le milieu, ni au bord, ni à gauche, ni à l’Elysée, ni à la mairie de Paris, ni au conseil régional de Charentes-Poitou, vous ne trouverez en France un responsable politique, ou un pas responsable politique qui se dira libéral au sens économique du terme bien sûr. Donc, le débat autour du mot, pour les deux raisons évoquées plus haut n’a aucun intérêt parce qu’il n’a
aucun contenu. Malgré tout, le bruit ambiant ainsi créé a une utilité. C’est qu’il renvoie les socialistes à leur identité, ou plutôt à leur recherche d’identité. Qui sont-ils, non pas sur le plan politique bien sûr puisqu’ils sont libéraux bien sûr, mais sur le plan économique? Ils ne sont pas libéraux, soit. Sont-ils socialistes? Ou, pour poser la question autrement, sont-ils capables, tous ensemble ou chacun séparément, de définir une politique économique alternative à celle qui est menée aujourd’hui en France, mais aussi dans les pays développés similaires à la France? Ou bien, sont-ils seulement capables, mais cela serait déjà beaucoup, de formuler des réponses réalistes et praticables aux différents problèmes que connaît la société française: compétitivité de l’économie, préservation de la sécurité sociale, des systèmes de retraites, etc...S’ils définissent un projet économique global qui se différencie de l’économie de marché, alors oui, ils pourront se dire socialistes. S’ils formulent, problème par problème, des réponses aux difficultés que nous connaissons, alors ils seront autre chose, qu’ils le définissent eux même, mais sûrement plus socialistes, c’est à dire qu’ils ne seront plus que les héritiers, et pas les représentants, d’un courant de pensée qui a échoué dans sa tentative historique, ce qui dans tout autre pays au monde s’énonce facilement mais ne doit surtout pas être dit chez nous.
On
ne saurait mieux dire les choses. En conclusion : on peut se réjouir du
coup de mains que vient de nous donner Bertrand Delanoé : on pourra
désormais employer le mot libéral sans se faire regarder de travers (en
ce qui me concerne, ça fait depuis la création d'AL que je m'épuise à
expliquer aux journalistes, pour la plupart dubitatif, que 1) le
libéralisme est un humanisme et 2) qu'il n'est pas forcément à droite
et encore moins à droite de la droite). Maintenant, on devra rester
ferme sur la définition du terme, et rendre à César ce qui lui
appartient: seul le libéralisme authentique compte, parce que lui seul
propose une synthèse cohérente entre les libertés économiques et les
libertés individuelles.
Pour que l'arche Delanoé soit un
véritable refuge pour tous, encore faudrait-il qu'elle ait l'audace
d'embarquer tous les animaux, chacun avec sa différence, sans craindre
pour autant qu'en se débarrassant du "socialisme" la loi de la jungle
s'installe à bord. Allons monsieur Delanoé, encore un peu d'audace s'il vous plait.


Ne croyez vous pas que la gauche Française risk de s'acaparer l'identité de "libéral",devenu alors tendance,de la même manière que les démocrates américains l'ont fait depuis les années 1930.
rappelons que Keynesse appartenait au parti libéral américain ! Et que les vrai libéraux ont du se trouver le nom de "Libertarien" !
Espérons que le même sort ne nous sera pas réservé,et que le libéralisme gardera son sens authentique...
Rédigé par : Spinoza | 29/05/2008 à 18:58
Oui il y a un risque. Mais bon au point où on en est.
Rédigé par : JPO | 30/05/2008 à 10:43