Lorsque Nicolas Sarkozy a reçu le rapport Attali, il a dit qu'il le cautionnait pour l'essentiel. Ceci-dit, il a choisi, sans réfléchir un instant, de rejetter la proposition de "retirer le principe de précaution de la constitution". Si on voulait jouer sur les mots, alors on pourrait demander au Président s'il a bien compris ce qui était "Essentiel" pour libérer la croissance. Si on entend par essentiel ce qui exprime l'essence même d'une chose, sa définition, alors il est clair que cette mesure dont on ne veut pas, c'est la toute première notion qu'il faut avoir acquis avant de procéder à tout autre type de réforme. On peut d'ailleurs s'étonner qu'un homme qui a fait campagne sur la "rupture", ait autant de mal que ça à assimiler cette logique: on ne peut réformer, entreprendre, changer, rompre, évoluer, se dépasser.... sans prendre de risque. Or comme je l'ai largement démontré dans mon ouvrage la Querelle des OGM, le principe de précaution est un principe ambivalent qui peut tout à fait être interprété d'une manière absolutiste, ce faisant il est la porte ouverte à toutes les idéologies anti-progrès. En son nom on pourra empêcher les plus grandes inventions. Or pour trouver de grandes inventions, il faut être libre, non pas d'une liberté d'abnégation (se cacher derrière la précaution) mais d'une liberté d'adhésion (accepter le risque). Ce qui ne veut pas dire pour autant que le principe de précaution soit inutile, mais que la systématisation qu'implique son inscription dans la constitution le rend dangereux. Il est un usage positif et technique du principe de précaution. Mais du fait de son ambivalence, il est imprudent de lui donner une stature de droit régalien.
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