Impossible de ne pas connaître les publicités Carglass. Vous savez cette chaîne de poseurs de pare-brise qui squatte les ondes avec ses publicités "reality show". Un vendeur force son accent chti pour vous donner une leçon de bon sens: "la plupart de ceux qui viennent dans son garage pour faire changer leur pare-brise auraient pu faire des économies s'ils avaient appliqué une règle simple: passer une visite dès le premier impact. Les spécialistes de Carglass auraient pu alors injecter une résine à l'endroit impacté, plutôt que de changer le pare-brise dans son intégralité." De quoi faire des économies substantielles, surtout que ce genre d'opération, peut tout à fait être pris en charge par votre assurance. Cela ne vous rappelle rien ? Non ? Allons, cherchez un peu. Biensûr, si vous êtes libéral, vous pensez tout de suite au vitrier de Bastiat avec "ce qui se voit et ce qui ne se voit pas". Vous vous dites que si notre automobiliste avait vu l'impact avant, il aurait fait des économies substantielles et aurait pu investir son argent dans autre chose que simplement changer son pare-brise, ce qui aurait contribué à accroître l'économie générale, plutôt que d'enrichir un franchisé Carglass, qui vit de la misère du monde. Ce pourrait être effectivement une belle manière de transposer la parabolle de notre libéral historique. Quant à moi, j'y ai vu une autre comparaison possible: la force de vente Carglass ne se serait-elle pas inspiré du discours sarkozien ? A moins que ce soit Nicolas Sarkozy qui ait effectué un stage chez Carglass ? Suivez mon regard: l'autre jour le Président a affirmé au salon de l'élevage de Rennes que les "régimes spéciaux des retraites étaient indignes". Il a ajouté à cela que "La vérité, c'est qu'il existe des régimes spéciaux de retraites qui ne correspondent pas à des métiers pénibles et qu'il existe des métiers pénibles qui ne correspondent pas à un régime spécial de retraite". Des années d'expérience en force de vente je vous dis; on retrouve toute la verve de notre bonhomme Carglass: il va remplacer votre pare-brise et ça va vous couter la peau du cul. Mais, il vous avait prévenu: si vous l'aviez écouté, vous seriez venu faire injecter votre résine avant d'en arriver au clash. Autrement dit, pour mieux faire passer la réforme des régimes spéciaux, il se sent dans l'obligation commerciale de l'échanger contre un autre avantage potentiel. Il est insoutenable à ses yeux qu'aux vôtres il passe pour le méchant de service. Après tout, pourquoi pas. N'est-ce pas Madelin lui-même qui affirme que l'on ne supprime pas un avantage, on le rachette. Soit. Laissons-donc le Président appliquer sa méthode, mais soyons cependant vigilant à ce que la remise ne soit pas plus importante que le prix de vente. Car si cela ne risque pas d'arriver avec un franchisé Carglass, on peut toujours se poser des questions avec un homme d'Etat qui préfèra toujours soigner son image plutôt que d'équilibrer la balance des comptes publics.


Prends un autre exemple qu'une entreprise de services qui fonctionne (ce ne sont pas des franchises d'ailleurs) si tu souhaites faire des comparatifs.
Rédigé par : Stéphane | 15/02/2008 à 07:08